Le Paillis dans les années 30 : un quartier vivant, solidaire et humain

jeudi 27 décembre 2012
par  Bruno
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Un quartier vivant, solidaire et humain

Une Valentonnaise raconte ses souvenirs avec beaucoup d’émotion.

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Le Pallis en descendant
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Le Paillis et ses habitants en 1923

On a eu dans ce quartier une belle enfance. Nous étions heureux. Les enfants vivaient dans la rue, il n’y avait pas de voitures. L’été, on s’installait sur le trottoir. Maman me disait : « prends ton petit banc et va avec les dames, elles vont t’apprendre à tricoter ». On était comme dans un jardin et, nous, les enfants, nous avions le droit de tourner autour des petits pavillons. Il n’y avait pas de danger.

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Un coin du Paillis

Derrière le Paillis (là où se trouvent la résidence Saint Hubert et l’école Paul Langevin), il y avait des champs, des meules, des prairies au printemps parsemées de violettes, de coucous ; on en faisait des couronnes, des ceintures. En face il y avait « le saut de loup ». Un creux en bordure de la route longeait les grands arbres d’un parc. En effet, se trouvait là une grande propriété qui rejoignait la rue des deux communes et un château transformé alors en école maternelle. Dans ce parc, les garçons montaient aux arbres et jouaient avec des lianes, s’agrippant, grimpant et prenant des risques. Mais le garde champêtre veillait et souvent les délogeait.

Monsieur Tassan, père, animait le jeu de boules. Les hommes du quartier allaient parfois jouer jusqu’à Brunoy (aux Camaldules) participant à des concours. Mon père y allait et on le rejoignait à pied avec ma petite sœur. Un voisin avait une Renault dans son garage. Nous voulions souvent voir l’automobile : c’était pour nous une attraction.

Dans les années 1930 il y avait un groupe de maisons destinées à loger les ouvriers de l’usine Volet (actuelle usine Alkan) installée derrière le Paillis. Ce groupe d’habitation était dénommé par les habitants du quartier les « pavillons Volet ».

La vie était dure, le chômage sévissait mais nous avions la chance, ma sœur mon frère et moi d’avoir un père qui avait du travail et nous en étions fiers. Mon père travaillait mais son salaire était très modeste et nous étions pauvres. On se contentait de ce qu’on avait mais heureusement, il y avait le jardin, et les lapins. La propriétaire qui nous logeait avait bien voulu que mon père installe un clapier. A l’époque la paye était versée en espèces et les soirs de paye, c’était la fête. On améliorait l’ordinaire et nous partagions avec délice une tranche de pâté. Lorsque maman n’arrivait pas à joindre les deux bouts, l’épicière était arrangeante. Dans ce quartier tout le monde s’entraidait.


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