Fernande Flagon (1947-1960)

jeudi 7 mars 2013
par  webmaster
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Née le 9 octobre 1908 à Mirabel-aux-Baronnies (Drôme), morte le 31 décembre 1996 à Buis-les-Baronnies (Drôme) ; cuisinière puis conductrice de ponts roulants à la SNCF ; militante communiste ; maire de Valenton (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) de 1947 à 1960.

Fille d’un artisan meunier et d’une mère au foyer d’origine italienne, Fernande Flagon fut adoptée par la Nation le 24 juin 1921 par un jugement rendu par le tribunal de Nyons ; son père était, en effet, une « gueule cassée » de la Première Guerre mondiale. Elle avait un frère et une sœur.

Elle se maria civilement en 1928 à Pierrelongue (Drôme) avec Fernand, Émile, Félix Flagon (1905-1985), un ébéniste. Le couple vint en région parisienne en 1930, le mari ayant postulé avec succès à un emploi à la compagnie PLM à Villeneuve-Triage (Villeneuve-Saint-Georges, Seine-et-Oise, Val-de-Marne), comme menuisier. Il habitèrent un temps à Villeneuve-Saint-Georges puis s’installèrent à Valenton, avenue de Valenton.

Fernande Flagon travailla à la SNCF à partir de 1947, à Villeneuve-Prairie, comme conductrice de ponts roulants puis comme comme cuisinière. Le couple était libre penseur ; leur fils unique, Marcel, ne fut pas baptisé.

Son mari fut le premier à adhérer au Parti communiste après la Libération. Elle fit de même en 1945 et milita à Valenton, une commune ouvrière et rurale, voisine de Villeneuve-Saint-Georges, dirigée par un maire communiste depuis 1924 (voir Vincent Bureau).

Elle succéda à Théodule Jourdain à partir des élections d’octobre 1947, et fut une des premières femmes maires de la banlieue sud-est.

Dans le contexte de l’après-guerre, elle fait adopter par le conseil municipal, le 12 mai 1950, l’appel du Comité mondial des partisans de la Paix : « nous exigeons l’interdiction absolue de l’arme d’épouvante et d’extermination massive des populations ». Ce vote avait eu un grand retentissement auprès des Valentonnais. De nombreux habitants avaient, en effet, assisté à cette réunion du conseil municipal qui en outre, avait voté un vœu à l’unanimité pour que soit abrogée la mesure anti-nationale qui frappait le grand savant qu’était Frédéric Joliot Curie.

Dès son premier mandat, elle orienta son action sur l’éducation en inaugurant, en 1951, l’école des filles du nom de la résistante morte en déportation, Danièle Casanova, et permit la même année la gratuité de la cantine pour les enfants de chômeurs. On lui doit les premiers travaux d’assainissement du centre-ville et du Val-Pompadour.

Sur sa proposition, le conseil municipal acceptait, en 1956, la construction de 135 logements HLM, situés au 48 du colonel Fabien. Elle fit voter le 2 avril 1958, un autre programme de construction de 24 logements sur le coteau et inaugura le 27 septembre de la même année l’école Paul Langevin. Ce fut le début d’une vaste politique sociale qui se traduisit par la réalisation de constructions destinées à recevoir des familles modestes et le financement d’équipements scolaires pour faire face à la venue d’une nouvelle population : 260 logements (logements familiaux Paris Banlieue) construits au 30 rue du colonel Fabien, 440 au 1 rue du colonel Fabien (Lutèce) et 350 (Foyer du Fonctionnaire et de la Famille). Ayant interrompu son mandat, elle passa la main à son premier adjoint, Julien Duranton, le 21 juin 1960 puis, retraitée, se retira avec son mari dans sa région d’origine, à Pierrelongue où elle fut conseillère municipale dans les années soixante-dix.

Selon leur fils, le couple était complémentaire : le mari était « intelligent mais timide », il aimait parler politique, elle était « hardie », déterminée.

Son nom fut donné au nouveau collège de Valenton en 2005. Une allée et une résidence portent également son nom.

Fernande Flagon fut une femme d’action et d’avenir qui a impulsé le développement de la ville.

SOURCES : Arch. Com. Valenton. — G. Blanc-Césan, Les maires du Val-de-Marne, 1988. Association de recherches et d’études de Valenton (AREV), Valenton des origines à nos jours, 1987. — AREV, Valenton, l’origine du nom de ses rues, 2006. — Annie Pennetier, Dictionnaire du mouvement ouvrier, Le Maitron en ligne


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