Le billet de Jean-Jacques (avril-mai-juin 1968)

lundi 15 novembre 2010
par  Bruno
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Le billet de Jean-Jacques N° 11 - 03.04.1968

Le billet hebdomadaire devrait plutôt s’intituler aujourd’hui : « Mise au point ».

Comme un certain nombre de valentonnais j’ai lu dans une publication mensuelle qui se dit « sérieuse », les deux lignes suivantes :
La municipalité (de Valenton) s’est vue dans l’obligation de licencier le médecin scolaire ainsi que l’assistante sociale.

L’énormité de cette affirmation et les commentaires qui l’accompagnent m’ont mis la puce à l’oreille et j’ai voulu séparer le bon grain de l’ivraie et savoir exactement ce qu’il en était.

Je ne fus pas le seul à être surpris... ni le seul à vouloir en savoir plus ... la doctoresse elle-même fut la première étonnée d’une telle information.

Rétablissons les faits - réels ceux-là - si vous le voulez bien, chers lecteurs.

Jamais le médecin scolaire n’a été licencié par la direction municipale de notre commune. Comment cela serait-il possible puisque sa nomination n’est pas le fait de la municipalité valentonnaise.

Apprenons au rédacteur de « Banlieue Sud-est », si peu renseigné, que ce médecin scolaire s’occupe, en plus des écoliers valentonnais, de ceux d’Ablon et de Villeneuve-le-Roi. Il ne faut donc pas s’étonner s’il n’est pas, en permanence, dans les établissements scolaires de Valenton. D’ailleurs il continue périodiquement ses visites.

Il me faut rapporter maintenant une autre précision ; c’est vrai que l’assistante d’hygiène scolaire attachée à Valenton nous a quittés, mais c’est sur sa demande, celle-ci désirant retourner dans son pays ; d’ailleurs, elle est actuellement remplacée par une collègue désignée par la préfecture.

Je pense qu’il n’est pas utile de s’étendre plus longuement sur ce sujet. Je voudrais, pour conclure, faire remarquer à ce rédacteur qui prétend informer exactement la population valentonnaise de ce qui se passe dans notre commune qu’il vaudrait mieux pour lui et son journal vérifier ses dires avant de les faire imprimer.

Agir de façon contraire, c’est tromper ses lecteurs ou être malveillant à l’égard de la municipalité, ce qui, de toute façon, ne peut être admis par tout citoyen honnête. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 12 - 10.04.1968

J’ai lu, comme tous, dans les derniers numéros de ce journal, les comptes-rendus des diverses actions engagées contre le bruit dû aux avions qui empruntent l’aéroport d’Orly, notre voisin.

Certains valentonnais, en particuliers des locataires de la cité du 30, rue du Colonel Fabien, occupant des appartements à proximité de la rue Francisco Ferrer, se plaignent de bruits qui ne doivent rien aux avions qui sillonnent le ciel au-dessus du territoire de notre commune.

Le jeudi, le dimanche notamment, des garçons s’amusent, depuis quelque temps, à faire éclater des pétards dans un terrain vague de cette rue Francisco Ferrer, troublant la quiétude des habitants du coin. Il arrive même qu’ils les jettent par-dessus le mur de clôture de la cité du 30, au risque de provoquer des accidents ou des incidents parmi les enfants qui, nombreux, jouent à proximité de ce mur.

Je croyais que l’usage des pétards était interdit dans les lieux publics.

Je pense qu’il serait sage, pour en interdire l’emploi, de ne plus en vendre et avant tout de ne plus en fabriquer. Qu’en pensez-vous, amis lecteurs ?

Comme beaucoup d’habitants de la région parisienne, je pense profiter du long « week-end » de Pâques pour aller passer quelques jours « aux champs ». Il est donc fort possible, amis lecteurs, que la semaine prochaine vous ne trouviez pas à sa place habituelle mon billet hebdomadaire. Dès la semaine suivante, nous nous retrouverons. Bonnes fêtes à tous. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 13 - 02.05.1968

Le printemps est revenu et toute la nature reprend peu à peu la parure de belle saison.

C’est pour le jardinier communal une période de gros travail. Toute la garniture végétale des édifices publics est à entretenir de nouveau. Comme l’an passé il a préparé, au groupe scolaire Paul Langevin, un parterre qui, dans quelque temps, lorsqu’il sera fleuri, réjouira les yeux de tous nos petits écoliers.

A Paul Eluard, il a dû retourner complètement les bandes gazonnées qui délimitent les cours des garçons et des filles et a effectué des semis. Espérons que ses efforts seront couronnés de succès et que tous les enfants respecterons son travail.

A Henri Wallon, le gazon des pelouses pousse vite et le gardien a fort à faire pour l’entretenir. Presque chaque soir, après la classe, pour ne pas déranger le travail de nos écoliers, il en tond une partie. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 14 - 08.05.1968

Depuis plusieurs semaines des travaux pour la réfection des canalisations de gaz sont en cours rue du Colonel Fabien. La semaine dernière ils se sont achevés puisque l’entreprise qui les a effectués a remis en état la rue du Colonel Fabien en recouvrant l’emplacement des tranchées creusées par un enduit bitumeux. Ces travaux auront donc duré à peine plus d’un mois. Nous n’aurons donc plus à respirer la poussière ou à patauger dans la boue comme ce fut le cas ces dernières semaines. J’ai apprécié la rapidité avec laquelle ces travaux ont été menés à bien.

J’ai noté aussi sur mon bloc-notes, cette semaine, un autre fait moins agréable. Le barnum municipal avait été monté sur le terrain de sport de la Lutèce, à l’occasion de la fête annuelle du C.S.M.V.

Après avoir fracturé la porte d’entrée, des enfants, garçons surtout, ont pénétré sur le terrain de sports. Au cours de leur jeux, ils ont endommagé le barnum municipal : la toile est déchirée et devra être réparée, dix barres tordues sont à redresser ou à souder. Voici des frais supplémentaires et non prévus que devra supporter le budget communal.

Alors que notre municipalité met tout en œuvre pour satisfaire les besoins de notre population valentonnaise, il est regrettable d’avoir à constater de tels faits.

Souhaitons que les parents de ces petits vandales leur expliqueront qu’il faut savoir, dans tous les cas, respecter le bien de tous et qu’il est possible de s’amuser d’un façon plus raisonnable sans que toute la société soit obligée de supporter les frais de tels « jeux interdits ». (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 15 - 15.05.1968

Depuis plusieurs semaines, j’avais noté le fermeture d’une boucherie de la rue du Colonel Fabien, à côté de la succursale du Crédit Lyonnais.

Mais depuis quelques temps des travaux sont en cours dans cette boutique.

Par suite du départ à la retraite des gérants, le propriétaire a entrepris des transformations de modernisation du local avant de rouvrir son commerce.

Cela m’a amené à faire une revue rapide des commerces de détail de Valenton. J’ai constaté qu’il en manquait certains dans notre cité.

Ainsi, s’il n’y avait pas de marché trois fois par semaine, les valentonnais devraient s’approvisionner en poissons dans les communes voisines.

Depuis que la cordonnerie qui existait à Valenton a été remplacée par une boutique d’instruments d’optique, une seule possibilité s’offre aux valentonnais pour faire réparer leurs chaussures ; s’adresser à la cordonnerie ambulante qui s’installe sur le marché ou se rendre à Villeneuve. L’installation d’une telle boutique est bien annoncée par une pancarte plantée dans un terrain vague à l’angle de la rue du Colonel Fabien et de la rue de la Faisanderie, mais, en tout état de cause, cette annonce ne peut rendre les mêmes services qu’une boutique véritable.

Ces deux exemples montrent qu’il y a encore des possibilités dans notre commune pour l’installation de nouveaux commerces où les valentonnais seraient heureux de pouvoir faire leurs emplettes ou effectuer des réparations urgentes sans avoir à se rendre dans les communes environnantes où ces commerces existent. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 16 - 22.05.196

8

En fin d’après-midi, samedi dernier, en allant faire des courses, mon attention fut attirée rue du Colonel Fabien par un homme qui collait de grandes bandes tricolores ; bleu, blanc et rouge, vert, blanc et rouge, sur certains murs de notre cité et sur les panneaux disposés de place en place dans cette rue.

Curieux et voulant en savoir davantage, j’attendis quelques instants. Ces panneaux tricolores furent recouverts, en partie, par des affiches éditées par le Club Sportif Municipal de Valenton qui annoncent, pour le dimanche 2 juin, une grande journée de sport à Valenton, dans le cadre du 60ème anniversaire de la F.S.G.T. et au cours de laquelle l’équipe de football du C.S.M.V. rencontrera les deux équipes italiennes qui ont reçu nos jeunes footballeurs, il y a quelques semaines.

Ainsi, le Club Sportif Municipal de Valenton, qui reçoit une aide importante de la municipalité ouvrière, a pu organiser ces rencontres amicales entre sportifs de nos deux pays voisins. Elles sont une contribution importante au rapprochement et à l’amitié de nos deux peuples et nous sommes très satisfaits que notre cité soit le lieu de telles rencontres enrichissantes. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 17 - 05.06.1968

Notre ami Jean-Jacques se trouve, depuis le début de la semaine dernière, parmi les travailleurs en lutte pour obtenir de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Il n’a pu, de ce fait, nous faire parvenir son billet hebdomadaire.

Nous pensons que nos fidèles lecteurs excuseront la disparition momentanée de ce billet pendant tout le temps que dureront ces luttes. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 18 - 19.06.1968

Ayant repris mes activités normales, comme un bon nombre de travailleurs, il m’est possible, cette semaine, de reprendre la rédaction de ce billet hebdomadaire.

Vendredi dernier, le 14 juin, je fus grandement surpris de voir un énorme engin ; une grue automobile, en stationnement sur le large trottoir de la rue du Colonel Fabien, entre le carrefour avec la rue des Gravilliers et la cité « La Lutèce ». Le samedi soir, l’engin, propriété des Docks d’Orly, était toujours à la même place.

Je suis un peu étonné de cet état de fait. Je frémis en pensant à ce qui pourrait arriver si, par malheur, les freins de ce lourd véhicule cédaient car le trottoir sur lequel il est garé est en légère pente à cet endroit.

D’autre part, ce véhicule se trouve juste à côté d’une bouche d’incendie, en empêchant l’accès de façon aisée. Et puis son poids ne risque t’il pas de détériorer la canalisation d’eau alimentant cette bouche d’incendie ? Et le trottoir lui-même est-il fait pour supporter de telles charges ? (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.


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