Le billet de Jean-Jacques (juillet-septembre)

lundi 25 octobre 2010
par  Bruno
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Le billet de Jean-Jacques N° 19 - 10.07.1968

Lundi dernier, vers 10 heures, je me rendis au bureau de poste pour y effectuer une opération.

Beaucoup de personnes attendaient calmement leur tour devant l’un ou l’autre des deux guichets ouverts à ce moment là.

Tout à coup, un nouvel arrivant pénétra dans le bureau et, sans attendre son tour, vint se faire ouvrir la porte donnant accès à la porte réservée aux employés.

Là, il se mit en devoir de ramasser son courrier arrivé le matin et de le glisser dans un sac.

Aucune des personnes attendant aux guichets ne fit de remarques.

Quant à moi, cela me parut bizarre. Je pus en parler à un ami qui, comme moi, attendait patiemment son tour. Il m’apprit qu’il s’agissait du P.D.G. de l’usine Alkan.

Ce fait me remit en mémoire la moralité d’une fable de La Fontaine et je termine ce billet en l’adaptant à notre époque.

« Selon que vous serez P.D.G. ou simple citoyen, vous serez servi immédiatement ou il vous faudra attendre votre tour patiemment ». (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 20 18.09.1968

Après deux mois d’absence, me voici de nouveau à Valenton. Mes premiers contacts avec les valentonnais, après cette longue absence, ont eu lieu à Vincennes, au stand de Valenton de la fête de « l’Humanité ».

Après les banalités d’usage sur le temps des vacances, la santé ... certains d’entre eux m’ont demandé de reprendre la rédaction de ce billet hebdomadaire. Ils m’ont tant pressé que j’ai fini par céder. Je vais donc, comme avant mon départ, essayer de livrer aux lecteurs de ce journal, les réflexions qu’auront pu m’inspirer certains faits remarqués en cours de semaine dans notre commune.

Il est un événement qui intéresse beaucoup de valentonnais et qui est très important pour eux ; la rentrée des classes. Dans chaque groupe scolaire, le personnel de service à fignolé le nettoyage de l’été afin que tout soit propre et en ordre le lundi 16.

De nouvelles constructions surgissent de terre. Lundi 9, sur le terrain vague, nouvellement nivelé, s’étendant devant l’école maternelle Paul Eluard, rien, et trois jours après, un bâtiment comprenant deux classes avait surgi de terre, tel un énorme jeu de construction, autour duquel s’affairaient les bâtisseurs. Il s’agit là de deux des six classes préfabriquées dont la municipalité a décidé l’acquisition pour pouvoir accueillir tous les petits valentonnais. Ainsi, cette année encore, la rentrée scolaire, en ce qui concerne les locaux, a eu lieu sans trop de difficultés dans notre commune, grâce à la prévoyance de nos élus municipaux. (à suivre)
Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 21 25.09.1968

En cette semaine de rentrée, je rencontrai, il y a quelques jours, un ami que je n’avais vu depuis longtemps. En voyant son air soucieux, je m’enquis des causes de cette préoccupation.

Vois-tu, me dit-il, l’avenir de mon fils de 14 ans me crée bien des soucis. Il a obtenu, en juin dernier, son certificat d’études. Parallèlement nous avions fait plusieurs demandes pour qu’il entre dans un C.E.T. des environs. Or la rentrée dans ces établissements est proche et mon garçon n’a trouvé de place dans aucun de ces C.E.T. Comme il a peu de goût pour les études, quelles possibilité lui reste-il ? Puisqu’il est soumis à la scolarité obligatoire jusqu’à ses 16 ans révolus, je me trouve dans l’obligation de le renvoyer dans la classe de fin d’études qu’il fréquentait l’an dernier. Il est bien évident qu’il n’y pourra pas apprendre valablement un métier, et, je te dis ceci sans penser des maîtres du primaire qui ne sont en rien responsables d’une telle situation ».

C’est effectivement, une situation bien préoccupante pour les parents de ces garçons qui n’ont pu suivre le cycle normal de leurs études dans un C.E.S. ou un C.E.G. Les collèges d’enseignement technique existants ne peuvent faire face à ce nouvel afflux d’adolescents. Il faudrait en construire d’urgence un grand nombre. Mais il semble que les pouvoirs officiels recourent à de nouveaux expédients, à de nouveaux palliatifs comme par exemple le redoublement ou le triplement de la classe de fin d’études. Et c’est ce qui arrive au fils de mon ami. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.


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