Le billet de Jean-Jacques (octobre-novembre-décembre)

lundi 25 octobre 2010
par  Martine
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Le billet de Jean-Jacques N° 22 - 02.10.1968

A plusieurs reprises, la semaine dernière, j’ai été surpris par la densité de la circulation automobile dans la rue du Colonel Fabien et ceci, aussi bien le matin que le soir. Un matin même, il se forma, dans cette rue, un important embouteillage, dû au stationnement intempestif de deux voitures.

Je trouve qu’il n’est pas normal, à une heure de grande circulation, qu’un automobiliste stationne dans cette rue provoquant une gêne passagère peut-être, mais une gêne quand même, et bien réelle. Pourquoi ne pas utiliser les emplacements réservés pour arrêter sa voiture sans risquer de gêner les autres usagers de la route ?

Ce même matin, impatients ou peut-être par crainte d’être en retard certains automobilistes bloqués dans leur course déclenchèrent un bruyant concert d’avertisseurs. Avaient-ils songé, qu’eux aussi, à cette heure matinale, pouvaient déranger les riverains dont certains, les enfants par exemple, se reposaient peut-être encore ?

Les automobilistes me rétorqueront qu’eux-mêmes sont victimes de l’inadaptation du réseau routier actuel de la région parisienne à la circulation automobile qui s’accroît de semaine en semaine.

Ils feront état également de toutes les taxes qui les accablent sans profit pour eux.

Eh oui ! bien sûr ! Ils ont raison sur ce point.

Je sais que des projets de déviations, d’autoroutes ... intéressant notre région ont depuis longtemps été élaborés. Pour voir le jour, il ne leur manque qu’une chose ; les crédits. Il est bien certain qu’on ne peut à la fois dépenser beaucoup d’argent pour créer, par exemple, un armement nucléaire inutile et dangereux et pour satisfaire les besoins quotidiens de tous.

C’est en pensant à tout cela que je descendais, ce matin là, la rue du Colonel Fabien, en côtoyant une des deux files de voitures qui, arrêtées un grand moment par cet embouteillage, allaient reprendre peu à peu leur course. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 23 - 16.10.1968

Un matin de la semaine dernière, je décidai d’aller voir un de mes amis, habitant une des cités de Brévannes construite en bordure de Valenton.

Comme il faisait à peu près beau, je décidai de faire ce court trajet à pied et j’empruntai la rue Gaston Monmousseau.

Arrivé dans cette rue, à la hauteur de l’allée de la Source, je butai véritablement sur un barrage constitué d’une part par les voitures en stationnement d’un côté de cette voie et d’autre part par un énorme camion de déménagement. Etant à pied, il est évident que je pus continuer mon chemin mais je remarquai qu’une voiture ne pouvait absolument pas accéder au groupe scolaire Paul Eluard ou en sortir.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel incident se produit dans cette rue. J’en ai déjà fait état dans un de mes billets, la saison dernière. La répétition d’une telle situation m’autorise, je le pense, à y revenir.

Je croyais avoir appris que le Foyer du Fonctionnaire et de la Famille avait promis à notre municipalité de prendre les mesures pour remédier à un tel état de fait, notamment par l’installation de nouveaux emplacements permettant à ses locataires de l’allée de la Source et de la rue Gaston Monmousseau de pouvoir garer leurs voitures. Il me semble logique que chaque société constructrice d’H.L.M. prévoit autant d’emplacement de stationnement que de locataires prévus.

Cette promesse, si elle était tenu, aurait deux avantages à mon sens. Elle rendrait la circulation plus aisée dans cette rue. Elle contribuerait à la propreté de cette voie ; les employés municipaux chargés de son nettoiement éprouvent, du fait des voitures en stationnement, des difficultés dans l’accomplissement de leur tâche.

Qu’en pensez-vous, amis lecteurs, usagers quotidiens de cette rue ? (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 24 - 23.10.1968

Une fois encore, je parlerai dans ce billet d’un problème qui provoque bien des soucis : la circulation automobile et la sécurité des piétons.

J’ai appris comme vous tous, amis lecteurs, l’accident survenu, la semaine dernière, à une personne âgée dans la rue du Colonel Fabien.

Il m’est arrivé, cette semaine, une petite aventure qui, de nouveau, m’a amené à réfléchir à cette question.

Au milieu de la semaine, rentrant à mon domicile, j’arrivai près du bureau de poste, lorsqu’une vieille dame inconnue s’adressa à moi et me demanda de l’aider à traverser. Je lui offris mon bras et l’aida à atteindre le trottoir d’en face. Pendant les quelques instants de la traversée elle eut le temps de ma confier : « Voyez-vous, Monsieur, j’ai peur quand je dois traverser une rue ».

Cela se comprend d’autant plus que la traversée de la rue du Colonel Fabien à cet endroit demande bien des précautions. Les voitures surgissent de deux virages, soit qu’elles viennent du haut de Valenton, soit qu’elles arrivent de Brévannes et, celles-ci, les piétons ne les voient arriver qu’au dernier moment.

Je crois que les ponts et chaussées ont un projet d’aménagement de ce carrefour dangereux. Pourquoi un tel retard dans la mise en œuvre de ce projet ? Y aurait-il, dans cette affaire, des intérêts particuliers plus puissants que ceux de tous et qui retardent l’exécution de travaux qui s’avèrent de jour en jour plus nécessaires. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 25 - 30.10.1968

Depuis de longs mois, trois bureaux muets des P.T.T. sont installés dans trois de nos quartiers : Le Paillis - Saint Hubert, La Lutèce, Val Pompadour.

Ils rendent de grands services aux habitants de ces quartiers puisqu’ils leur permettent de téléphoner, d’acheter des timbres, de déposer leurs lettres sans être obligés de se rendre au bureau de poste central.

Tout dernièrement, les service des P.T.T. ont dû effectuer des réparations à ces bureaux muets. A la suite de ces travaux, les P.T.T. ont adressé à la municipalité la note à payer.

Ainsi ces dépenses imprévues viennent s’ajouter à celles, déjà lourdes, prévues au budget 1968 voté par le conseil municipal.

Cela est d’autant plus gênant que ces réparations n’ont pas été provoquées par une usure normale mais par des détériorations, disons accidentelles. Je ne parlerai pas ici de vandalisme mais, il faut bien se rendre compte que des négligences ou des maladresses de petites mains inexpertes sont la cause de ces dépenses supplémentaires qu’en fin de compte chacun d’entre nous apporte. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 26 - 06.11.1968

Comme beaucoup de français, en ce début de novembre, mois du souvenir, je suis allé me recueillir quelques instants sur la tombe de chers disparus.

Si les circonstances n’avaient pas été aussi triste, autant chargées de souvenirs douloureux, cet amoncellement de chrysanthèmes multicolores et tous plus beaux les uns que les autres, aurait été un régal pour les yeux.

Cela montre aussi combien chacun d’entre nous est resté attaché aux beautés prodiguées par la nature puisque ce pèlerinage annuel ne se fait jamais sans l’une de ces fleurs magnifiques qui s’épanouissent à cette époque de l’année.

Cela justifie également les efforts entrepris par les collectivités locales pour embellir les abords des édifices publics, comme c’est le cas pour notre petite ville.

Le jardinier de la commune a préparé, autour de la nouvelle mairie, de la place Vaillant Couturier (pour ceux qui l’ignoreraient c’est le nom officiel donné depuis très longtemps à la place de l’ancienne mairie) et à l’entrée du groupe scolaire Paul Langevin, notamment, les emplacements qui seront, au printemps prochain, occupés par des parterres de fleurs chatoyantes, décoration naturelle mais combien harmonieuse de ces édifices publics. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 27 - 13.11.1968

La mauvaise saison approche à grands pas. Les arbres perdent rapidement leur parure estivale et les feuilles mortes s’amoncellent dans les jardins, les parcs, les caniveaux de nos rues.

Les employés communaux de la voirie ont, en ce moment, fort à faire pour dégager les caniveaux de toutes ces feuilles qui s’y accumulent.

Au cours de cette semaine, j’en ai vu plusieurs équipes, à diverses reprises, dans quelques-unes de nos rues. Certains utilisaient les moyens classiques pour faire ce travail ; balais, pelles et brouettes. Une autre équipe travaillait avec la balayeuse. J’ai observé pendant un certain temps le travail de cette dernière équipe. Même avec un matériel moderne, on se heurte à des difficultés. La balayeuse avait, en effet, bien du mal à avaler ces monceaux de feuilles que le vent s’amusait à disperser et qu’un ouvrier devait sans cesse ramener sous le balai de la machine. Le chauffeur dut à plusieurs reprises avancer puis reculer afin de ramasser les feuilles qui n’avaient pu être aspirer par la machine. Après plusieurs allées et venues tout était ramassé et des caniveaux entièrement dégagés. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 28 - 20.11.1968

Vers le milieu de la semaine dernière, je rencontrai un de mes amis. Après l’échange des banalités d’usage, il me dit : « Jean-Jacques, tu devrais aller te promener rue Gaston Monmousseau ; il y a des changements ».

Malgré les questions que je lui posai, mon ami refusa de m’en dire plus, ma laissant assez perplexe après cette rencontre.

Pour en savoir plus, je me décidai donc à suivre le conseil de mon ami.

En effet, des changements il y en a dans cette rue ou, plus exactement, il s’en prépare d’importants.

Le Foyer du Fonctionnaire vient d’entreprendre les travaux nécessaires à l’installation de nouveaux emplacements de parking. Ils intéresseront surtout les locataires des bâtiments de l’allée de la Source et de la rue Gaston Monmousseau.

Ces travaux ne font que débuter mais ils donnent déjà l’espoir qu’enfin, dans quelques semaines, la rue Gaston Monmousseau sera plus praticable pour les autos que maintenant. Nous ne connaîtrons plus ces bouchons qu’il s’y produisent fréquemment ou ces manœuvres répétées qu’il faut exécuter lorsqu’il s’agit de croiser une voiture venant en sens inverse. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 29 - 27.11.1968

Chaque jour, et chaque matin et soir, j’ai l’occasion d’emprunter la rue du Colonel Fabien dans le secteur du bureau de poste et ceci à l’heure des plus grands départs des banlieusards vers leur lieu de travail ou des retours dans leurs foyers.

A ces heures d’affluence l’écoulement du flot de véhicule ; autos particulières, cars, camions, se fait très lentement. Pare-chocs contre pare-chocs, ils s’alignent sur une grande distance.

Il est fort probable que nous soyons pour de longs mois encore, les spectateurs quotidiens de ces encombrements.

Si la circulation automobile s’accroit, si nos routes de la région parisienne sont déjà saturées, si les usagers de la route acquittent des taxes de plus en plus lourdes ; cartes grises, vignettes, droits sur l’essence, le gouvernement gaulliste vient de présenter à l’Assemblée Nationale un budget de l’Equipement et du Logement où les crédits d’entretien des routes sont en régression, où ceux consacrés à l’équipement routier pour 1969 sont en diminution par rapport à 1968.

Notre région n’aura-t-elle pas à pâtir de ces nouvelles restrictions ? L’exécution des projets visant à améliorer la circulation dans notre secteur sera-t-elle un jour décidée ? Ne devrons-nous pas supporter encore longtemps les inconvénients d’une telle politique ? (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 30 - 19.12.1968

Nous voici maintenant à quelques jours de Noël. Déjà, en pensée, petits et grands imaginent ce que sera ce jour tant attendu et chacun prépare cette fête qui, pour les enfants surtout, est la plus belle de l’année.

Dans nos rues tout l’annonce. Depuis le milieu de la semaine dernière la rue du Colonel Fabien est illuminée sur presque toute sa longueur par des guirlandes lumineuses, placées sous le signe du cosmos puisqu’il s’agit, en l’occurrence, de comètes dont les queues barrent toute la rue. La place du marché est également gaiement illuminée par des guirlandes de boules lumineuses dessinant des cristaux de neige comme pour nous rappeler que nous sommes en hiver.

Les devantures des commerçants, elles aussi, ont pris leur parure de fête : guirlandes chatoyantes, motifs décoratifs divers... Certaines participent à l’illumination des rues comme celles qui bordent la place du marché ; un grand sapin aux bougies électriques multicolores pare la façade de la fleuriste tandis qu’une guirlande lumineuse court le long du balcon qui surplombe les autres boutiques du centre commercial.

Ces vitrines étincelantes, ces illuminations ne peuvent cependant pas nous faire oublier les difficultés accrues qui assaillent chacun d’entre nous en cette fin d’année et surtout les économiquement faibles qui n’ont pour subsister que les sommes modiques que leur alloue un pouvoir par ailleurs si généreux en fait de promesses.

Seul un régime de démocratie avancée permettra à chacun de vivre décemment et de bénéficier, sans arrière pensée, du spectacle féérique de nos rues à cette époque de l’année. (à suivre)

Source : L’éclair du Val de Marne.

Le billet de Jean-Jacques N° 31 - 26.12.1968

Je remontais la rue du Colonel Fabien, jeudi dernier, lorsque mon attention fut attirée par une affichette blanche fraichement apposée sur le panneau d’affichage municipal placé à l’angle de cette rue et de la rue Gaston Monmousseau.

Je m’approchais, et pus lire le texte suivant :

« La municipalité informe les personnes âgées qu’un homme d’une trentaine d’années prospecterait actuellement les foyers de nos anciens, au nom de Monsieur le Maire, leur demandant leurs titres de pension et de l’argent, ceci afin d’obtenir des distributions supplémentaires du bureau d’Aide sociale.

Il est recommandé à toutes les personnes qui pourraient recevoir cet individu, d’être très prudentes et de ne fournir aucun papier.

La municipalité n’a désigné personne pour se rendre au domicile de nos anciens, le bureau d’Aide sociale de la commune convoque toujours les intéressés en mairie, soit par lettre, soit par l’intermédiaire de l’agent d’enquêtes assermenté ».

Ainsi, dans notre commune, l’un de ces tristes individus exerce ou tente d’exercer son talent au détriment de nos anciens.

C’est vraiment déplorable de profiter de la faiblesse relative de vieilles personnes pour leur escroquer une partie de leurs ressources déjà si peu élevées. Souhaitons que cet individu soit rapidement démasqué et mis dans l’impossibilité d’exercer sa coupable activité.

Source : L’éclair du Val de Marne.