Le billet de Jean-Jacques (janvier-mars 1969)

dimanche 13 février 2011
par  Martine
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Le billet de Jean-Jacques N° 32 08.01.1969

Après une absence d’une quinzaine de jours, j’ai trouvé, à mon retour, dans ma boîte aux lettres, le dernier bulletin municipal.

Comme un grand nombre de Valentonnais, c’est toujours avec un grand intérêt que j’ouvre un tel bulletin, et, une fois de plus, la lecture de celui-ci m’a apporté une foule de renseignements, un grand nombre de réponses à es questions que je me posais.

C’est ainsi que deux de ces articles ont particulièrement retenu mon attention, en plus de « l’éditorial » de Monsieur le Maire ; celui de la commission des finances dont le but est de répondre à deux questions que bon nombre de Valentonnais ont pu se poser, fin décembre, en recevant de la perception de Villeneuve-Saint-Georges, les avertissements pour le paiement des impôts des collectivités locales ; pourquoi cette augmentation des impôts dans notre commune ? et que fait on de cet argent ?

Le deuxième article que j’ai lu avec beaucoup d’attention, que j’ai relu même à plusieurs reprises, est celui d’un conseiller municipal intitulé « Une maison pour tous les jeunes ». On ne peut qu’être d’accord avec la municipalité et le Conseil municipal qui veut offrir aux jeunes Valentonnais quelque chose de solide et non du « Tape à l’œil » qui risque de ne pas résister à l’épreuve du temps, et ceci dans un délai très rapproché.

Le billet de Jean-Jacques N° 33 29.01.1969

Cette semaine, à plusieurs reprises, j’ai vu une camionnette de la signalisation routière parcourir nos rues.

La signalisation de la rue du Colonel Fabien et de l’avenue de la Division Leclerc est en cours de réfection ou en passe d’être établie.

C’est ainsi, que vers la Tourelle, les bandes jaunes qui avaient disparu à la suite de la réfection de la chaussée viennent d’être remises en place.

Il semble que ce ne soit là qu’un début. Nous retrouverons bientôt ces lignes continues jaunes ou pointillées, ces bandes jaunes matérialisant les passages pour piétons en divers endroits de ces deux rues où la circulation est souvent très intense.

Ces travaux sont effectués par les ponts et chaussées à la demande expresse de la municipalité qui est intervenue auprès d’eux.

Le billet de Jean-Jacques N° 34 05.02.1969

En son temps j’avais apprécié comme il convient la promesse faite aux jeunes Valentonnais de transformer à leur intention le local vide de l’ancienne Mairie, promesse dont chacun a pu prendre connaissance à la lecture du dernier bulletin municipal.

Nous n’avons pas attendu bien longtemps l’exécution de cette promesse. La semaine dernière, en descendant de ma voiture que j’avais garée place Vaillant Couturier, je m’arrêtai, surpris à la vue d’un échafaudage plaqué contre la façade de l’ancienne Mairie, et de la grande porte ouverte laissant deviner une animation inaccoutumée dans ce bâtiment.

A l’extérieur, les ouvriers préparent actuellement la réfection totale de la façade, réfection qui s’avérait absolument nécessaire. Le balcon surplombant la porte d’entrée va disparaitre ainsi que les panneaux, Mairie, école, plaqués de chaque côté. A la suite de ces travaux, la salle sera complètement modernisée.

Voyons maintenant l’intérieur, il y aura deux parties dans ce bâtiment, a gauche en regardant le bâtiment, dans les deux salles occupées jusqu’à maintenant par le bureau des sports s’installera la bibliothèque municipale qui disposera ainsi de deux salles ; la bibliothèque proprement dite et une salle de documentation et d’exposition. Cette bibliothèque sera un local complètement indépendant du reste puisque l’on y pénétrera par le petit escalier se trouvant à gauche du bâtiment dans la petite cour.

La plus grande partie du bâtiment sera donc réservée aux activités diverses de la jeunesse. De l’entrée entièrement rajeunie et modernisée nous aurons, a droite, une salle d’accueil et de télévision ainsi que le bureau du directeur. De là nous monterons au premier étage où l’ancienne salle du conseil municipal et des mariages servira de salle d’activités diverses, d’activités polyvalentes. Au même étage, nous trouverons trois autres salles d’activités spécialisées. L’escalier actuel sera prolongé et permettra d’accéder facilement dans l’actuel grenier où sera aménagé un coin veillée avec cheminée.

Le sous-sol sera complètement revu lui aussi. Il est fort probable qu’il y soit prévu un local pour un laboratoire photo et un autre pour la musique.

Le billet de Jean-Jacques N° 35 12.02.1969

Une surprise peu agréable attendait les Valentonnais, ce samedi 8 février, le matin, au sortir de leurs maisons.

Au cours de la nuit, une mince pellicule de neige avait recouvert, rues, trottoirs, pelouses … Cette neige, lourde, humide, avait été aussitôt transformée en verglas par un vent glacial et violent qui, en certains endroits cependant, avait complètement balayé cette fine poussière blanche.

Aussi, c’est avec beaucoup de prudence que les piétons circulaient sur les trottoirs et que les véhicules roulaient sur la chaussée, évitant les coups de frein trop brusques pouvant occasionner les dérapages toujours scabreux.

Seuls, les écoliers se réjouissaient en voyant un tel temps. Leur joie fut cependant de courte durée. Au cours de la matinée, le soleil revenu, le sablage et le salage effectués par les cantonniers avaient eu raison de cette neige venue fort opportunément nous rappeler que l’hiver n’est pas terminé et n’a pas dit son dernier mot.

Le billet de Jean-Jacques N° 36 19.02.1969

L’envie m’a pris de donner pour sous-titre, à ce billet hebdomadaire : « Piétons, prends garde à toi ! ».

Nous avons connu, la semaine dernière des périodes de froid suivies de radoucissements apportant la neige ou la pluie, suivis de nouveau d’une période de froid.

Au milieu de cette semaine dernière, la neige tombée la veille, s’est mise brutalement à fondre, fonte précipitée encore par la pluie qui se mit alors à tomber.

Inutile de dire que tout était détrempé, d’importantes flaques d’eau se formaient partout au long de nos rues, et surtout sur la plus passagère d’entre-elles : la rue du Colonel Fabien.

Le mercredi soir, je me hâtais de rentrer chez moi, lorsque je fus témoin d’un incident qui pourrait paraître drôle, mais qui fut certainement assez mal gouté de celui qui en fut la victime.

Un homme, pressé lui aussi, marchait devant moi sur le trottoir très étroit, à cet endroit de la rue du Colonel Fabien comprise entre le carrefour avec la rue des Gravilliers et le bateau aménagé pour les cars à proximité du bureau de poste. Soudain un lourd camion passa en frôlant le trottoir et ses roues firent jaillir l’eau boueuse d’une flaque d’eau sur l’infortuné piéton qui ne put que se secouer et constater que pantalon et imperméable étaient maculés de boue.

Je sais bien qu’on ne peut accuser le conducteur du poids lourd. Nos rues trop étroites ne correspondent plus du tout à la circulation moderne. Tout en poursuivant mon chemin, je me disais que si notre pays était dirigé par un gouvernement dont le but serait d’agir pour le bien du plus grand nombre, il en serait tout autrement, alors que le gouvernement Gaulliste prend sans vergogne l’argent de tous, qu’ils soient piétons ou automobilistes afin de favoriser quelques privilégiés de la fortune ou satisfaire ses rêves de grandeur. Raison de plus pour s’unir tous et mettre bas ce régime incapable de satisfaire les besoins de tous, tant en routes qu’en logements, écoles, hôpitaux.

Le billet de Jean-Jacques N° 37 12.03.1969

Mercredi, j’ai pu constater que la majorité des commerçants de notre commune du moins ceux qui sont propriétaires de leurs boutiques ont suivi le mot d’ordre donné en fermant leurs magasins jusqu’à 18 heures. Seuls restaient ouverts quelques boutiques de chaînes commerciales à succursales multiples tenues par des gérants qui, d’ailleurs, ont prévu de suivre le mot d’ordre de grève lancé pour le 11 mars.

Ce mouvement condamne la politique suivie par le gaullisme. Fidèle serviteur des féodalités économiques, il écrase les petits commerçants et artisans par une fiscalité tracassière et laisse planer sur eux la menace de la disparition par suite de la concentration capitaliste accélérée.

La défense des revendications de ces couches sociales passe par l’action collective et l’entente avec les organisations ouvrières. Elle implique également qu’elles combattent les véritables responsables de leur situation qui devient de plus en plus difficile : Les trusts et leur pouvoir.


Brèves

30 décembre 2014 - Appel à témoignage

Vous avez passé une partie de votre enfance à Valenton, il y a dix ans, vingt ans, trente ans ou (...)