11 août 1901 : projet de convention entre la Commune et Monsieur Lecat Cartier, à propos d’une nouvelle place.

lundi 4 juin 2012
par  Martine
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Imaginez l’actuelle place Jean Jaurès, récemment réaménagée, occupée par un terrain entouré de haut murs noirs hauts de 2m 50 à sa place. Voilà à quoi ressemblait l’entrée de Valenton quand on venait de Brévannes ou de Villeneuve Saint Georges par le bas. L’aspect hideux et sinistre du lieu devenait insupportable aux Valentonnais. C’est ainsi que le projet né en 1883 de créer une place publique et qui n’avait pu aboutir faute de moyens financiers voit le jour en cette année 1901.

Délibération 11 août 1901 : projet de convention entre la Commune et Monsieur Lecat Cartier.

Séance d’août 1901

L’an 1901, le dimanche 11 août, à 2 heures après midi, le conseil municipal de la commune de Valenton, régulièrement convoqué par lettres individuelles en date du 3 août courant, s’est réuni au lieu ordinaire de ses séances sous la présidence de Monsieur J. Château, Maire pour tenue de la session ordinaire d’août, ouverte le 4 août dernier, conformément à la circulaire préfectorale en date du 9 juillet dernier.

Présents, Messieurs : Foucher Georges, Lanher Charles, Trempu Joseph, Jourdain Désiré, Lefrançois Louis, Edeline Auguste, Barot Alexandre, Curet Henri, Laroche François adjoint, et Jean Château Maire.

Absent : Monsieur Duchesne Emile, régulièrement convoqué, n’ayant pas motivé son absence.

Monsieur Louis Durand, démissionnaire.

Conformément à l’article 53 de la loi du 5 avril 1884, il a été procédé à la nomination d’un secrétaire pris dans le sein du conseil.

Monsieur Lefrançois Louis, élu à l’unanimité, déclare accepter cette fonction.

Monsieur le Maire, Président, communique au conseil un projet de convention entre la commune et Monsieur et Madame Lecat Cartier, projet dont la teneur suit :
Monsieur et Madame Lecat Cartier cèdent à la commune de Valenton, gratuitement, un terrain leur appartenant situé en face de l’avenue de leur château.

Ce terrain entouré de murs est borné ; par le chemin de grande communication n° 29, le chemin de grande communication n° 94 et la rue Chaix d’Estange (embranchement du chemin n°29).
Les habitants lui donnent communément le nom de "Chapeau à cornes".

Il devra être converti en place publique, ce qui entrainera la démolition des murs jusqu’au niveau du sol.

Monsieur et Madame Lecat conservent le droit de faire enlever à leurs frais tous les matériaux de cette démolition qui leur conviendront.
Aucune construction ne devra être élevée sur la place en question, si ce n’est, en cas de besoin, celle d’un bureau d’omnibus ou de tramway.
Cette construction ne devrait présenter "aucun inconvénient d’aspect ou autre" pour Monsieur et Madame Lecat Cartier, qui seraient appelés à en examiner au préalable le plan et l’emplacement.

Si les exigences de la sécurité publique le permettent, le bec de gaz qui devra éclairer la nouvelle place sera établi suivant l’axe de l’avenue du château.

A moins d’une autorisation spéciale écrite par Monsieur et Madame Lecat Cartier, la hauteur des arbres ou arbrisseaux qui seraient plantés pour l’ornementation de la place ne devrait pas dépasser cinq mètres.

Il en serait de même pour tout autre motif d’ornementation, une fontaine par exemple ......
La place pourrait devenir un véritable square, le jour où la commune en verrait l’utilité.

De son côté, la commune autorise, sauf approbation de l’autorité supérieure, Monsieur et Madame Lecat Cartier à faire réparer, en rive de la rue de la Procession, et dans toute sa longueur, un mur du parc
de leur château, mur frappé de reculement.

Pendant les huit années qui suivront celle ou aura lieu la réparation, aucune détérioration provenant, à dire d’experts, d’une cause étrangère à la vétusté, n’obligerait Monsieur et Madame Lecat Cartier à faire reculer ce mur.

Lu et approuvé : Signé Lecat Cartier

Valenton, 3 juillet 1901

Le conseil, après en avoir examiné très attentivement toutes les parties ainsi que les plans et le procès verbal d’estimation du terrain qu’il approuve, reconnait que le projet n’offre que des avantages à la commune.

En effet, on peut accorder à Monsieur et Madame Lecat Cartier l’autorisation de réparer le mur dont il s’agit sans qu’il en résulte un sérieux inconvénient pour la circulation.

Car le reculement dont est frappé ce mur ne porte que sur une largeur peu importante et presque nulle sur certains points.

Monsieur et Madame Lecat Cartier veulent être garantis pendant huit années contre l’obligation de faire reculer leur mur, si quelque événement extérieur venait à l’endommager.

C’est parce qu’ils croient, bien à tort ce semble, à la possibilité d’un acte de basse vengeance ou d’idiote méchanceté, dans une rue qui n’est presque pas fréquentée.

Des experts seraient d’ailleurs appelés à en juger.
On peut accueillir la demande sans qu’il en résulte aucun dommage de quelque importance.

A l’autorisation accordée correspondent des avantages considérables pour la commune.

1°- Le terrain qui lui est cédé est situé en plein village et de toutes parts entourés de maisons habitées.

2°- Avec ses grands murs noirs de 2,50 mètres de haut, le jour il a l’aspect le plus désagréable et quelque chose de sinistre la nuit.
Il provoque les sarcasmes mérités des étrangers autant que les nôtres.

3°- Ces murs malpropres, hideux, offrent en outre l’inconvénient très grave de gêner la circulation de l’air dans la partie de beaucoup la plus peuplée de la localité.

4°- Nous n’avons qu’une place publique, et de l’avis de tous, elle est insuffisante.

5°- La combinaison proposée fournirait le moyen d’élargir la rue Chaix d’Estange, qui a grandement besoin de l’être.

C’est contre un pareil état de choses que la population tout entière proteste depuis fort longtemps.

Une occasion favorable se présente de le faire disparaitre.
La laisser échapper serait une lourde faute.

Nous devons profiter de l’offre qui nous est faite par Monsieur et Madame Lecat Cartier et les en remercier.
A la majorité de 9 voix et une abstention, le conseil municipal approuve la convention.

Sur la proposition de Monsieur Edeline et pour donner à Monsieur et Madame Lecat Cartier un témoignage effectif de gratitude pour le don fait par eux à la commune, il est décidé que le bec de gaz qui éclairera la nouvelle place sera établi suivant l’axe de l’avenue du château.

Après lecture faite de ce présent procès verbal, les membres ont signé.


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