• Rencontre de deux générations : en 1988, deux témoins du passé racontaient le Valenton d’autrefois aux collégiens de l’époque.

samedi 24 novembre 2012
par  Martine
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En 1988, avec l’aide de leurs professeurs les collégiens remontent le temps en interrogeant d’anciens Valentonnais : Monsieur Hay et Madame Lepage.

Compte-rendu de la rencontre qui a été filmée

Monsieur Hay commente une photographie présentée par les enfants

J’étais bouvier à cette époque là (pendant la seconde guerre mondiale). Je dressais les bœufs. Le bouvier, c’est celui qui mène les bœufs. J’avais un aiguillon pour piquer les bœufs et les faire aller à gauche et à droite. Les bœufs ont un joug pour qu’ils tirent les charges, la charrue et la herse, le tombereau ou le rouleau ; il n’y avait plus beaucoup de chevaux les allemands avaient ramassé tous les chevaux.

Commentant une photographie du château de Valenton (actuelle annexe de la mairie). C’était un beau château. Moi je l’ai visité. C’était magnifique. La commune l’a acheté. Il y avait deux salles de bains tout en marbre une rose et une bleue. Il fallait voir cela

Depuis quand habitez-vous à Valenton ?

Depuis 1928

et vous Madame ?

Depuis 1912

Êtes-vous allés à l’école primaire à Valenton ? Comment s’appelait votre école ?

C’était en haut du Paillis. Il n’y avait pas de nom. C’était dans la rue des écoles mais il n’y avait pas de noms.

C’était comment l’école dans votre jeunesse ?

Ce n’était pas comme maintenant. Il y avait un grand poêle au milieu de la classe. Il fallait aller chercher tous les matins le bois et le charbon pour approvisionner le poêle.


Quelles matières étudiez-vous ?

On nous apprenait ABCD, à faire les lettres, à faire les chiffres, à compter. Et le cours élémentaire et après le cours moyen, c’était le cours supérieur.


Quel matériel utilisait l’instituteur ou l’institutrice ?

C’était le porte-plume et l’encrier, il n’y avait pas de crayons ?


Y-avait-il le tableau et les craies comme maintenant ?

Oui on allait au tableau et on utilisait la craie.

Qu’avez-vous étudié après l’école primaire ?

Moi je suis allé travailler à la ferme Foucher.


A quel âge avez-vous quitté l’école ?

À 14 ans.

Quels métiers exerçaient les Valentonnais ?

Ils faisaient de la culture sinon c’étaient des cheminots.

Quelles cultures y avait-il ?

Des cultures maraîchères et la grande culture comme celle du blé de l’avoine, des betteraves sucrières, des petits pois comme chez Gigot.

Où les gens allaient-ils travailler en dehors de Valenton ?

Certains allaient à Paris mais c’était surtout des cheminots ou bien des ouvriers agricoles qui allaient travailler chez les fermiers.

Quels moyens de transports ?

Comme moyen de transports il y avait la marche à pied et le vélo mais aussi la diligence qui allait de l’hôpital de Brévannes à la gare de Villeneuve. J’avais 10 ans et je m’en souviens très bien (Mme Lepage). Moi je ne l’ai pas connu (M. Hay).
Il y avait la gare de Valenton A Valenton il y avait une gare qui se trouvait dans les champs. Il fallait faire au moins trois kms pour aller chercher la gare mais pour monter à Paris on allait à la gare de Villeneuve St Georges : il fallait faire 3 kms On descendait à pied prendre le train. Bien plus tard, il y eut les cars Gueston.

Où se regroupaient les maisons ?

Le long de la Grande rue

Comment s’appelait-elle ?

Elle n’avait pas de nom par contre sur le coteau direction la Tourelle il y avait des maisonnettes et beaucoup de vignes ; il y avait le bedeau qui faisait son vin lui-même.


Est-ce que les maisons là existent encore ?

Quelques unes. Beaucoup ont été démolies ; dans l’impasse Guérin tout a été abattu où j’habitais. Il y avait des maisons jusqu’au fond.

Où est-ce que vous habitiez ?

M. Hay : Quand je suis arrivé à Valenton, je n’avais qu’un an. J’habitais dans le fond de l’impasse Guérin.dans une maison à trois étages.

Et vous Madame où habitiez-vous ?

Moi j’habitais à la ferme du plaisir.

Quelles étaient les grandes fermes de Valenton ?

Il y avait 4 grandes fermes :
• La ferme Benoit sur Pompadour.
• La ferme de l’Hôpital Richebois et Gigot
• La ferme Richebois : la ferme du Plaisir était à lui aussi.
• La ferme Foucher

Au Paillis il y avait la ferme Blondel et d’autres dans le milieu de la côte. Il y avait Marchais et Creton qui était à la limite Villeneuve Valenton.

Que cultivait-on dans les fermes dans les jardins ?

Dans les jardins c’était beaucoup de potagers et beaucoup d’arbres fruitiers surtout le prunier.

Donc la culture des jardins était importante ?

Chaque habitant avait son jardin.


Où étaient vendues les récoltes ?

Pour les jardins c’était personnel.
Les fermiers et les maraîchers amenaient leur production aux Halles.


Y avait-il beaucoup de bétail ?

M. Hay : Oui presque tout le monde avait des bêtes, des poules, des canards, des oies et même des dindons. Mes parents avaient des moutons, des chèvres, des vaches, des chevaux et une ânesse ici en face.

Mme Lepage : nous aussi avec ma mère à la ferme du Plaisir nous avions des chevaux, des vaches.

M. Hay : et même pendant la guerre nous avions encore des cochons et on tuait ça à la barbe et au nez des allemands ; pour ne pas qu’ils entendent les cochons brailler quand on les tuait on prenait des casseroles et on tapait dessus comme çà.


Qui habitait dans les châteaux ?

C’étaient des châtelains.


Quelles étaient les rues de Valenton ?

Il y avait la grande rue toutes les autres étaient des chemins il y avait le chemin des Buttes, le chemin des Vignes, le chemin des Saules, le chemin des Grouettes il n’y avait pas de rue uniquement la Grande Rue. Aujourd’hui c’est la rue du Colonel Fabien.
La route des graviers elle n’existait pas. Pour aller aux deux ponts c’était le chemin des graviers Pour aller à la gare de Valenton ce n’était qu’un chemin il y avait juste le passage d’une charrette ; quand il pleuvait il fallait mettre des bottes.


Y-avait-il beaucoup de circulation ?

Rien sauf des chevaux des vélos. Tout le monde avait son vélo pour faire les courses.


Qu’est-ce qu’on pouvait acheter dans les boutiques de Valenton ?

De tout.
Mais il n’y avait pas beaucoup de boutiques à cette époque là.

Il y avait la mère Renou à la place de Fèvre et en montant sur la droite, il y avait Comte qui faisait de l’électricité et Lemaitre le marchand de charbon et en haut il y avait la mère Chéreau qui tenait une petite buvette.
Il n’y avait pas beaucoup de boutiques mais il y avait beaucoup de buvettes.


Beaucoup de Valentonnais allaient-ils à l’église ?

A cette époque là ils y allaient presque tous.
Ils y étaient obligés aussi car beaucoup travaillaient pour les châtelains et il fallait les suivre.


Y-avait-il plusieurs prêtres et des religieuses ?

Non il n’y avait qu’un curé et il y avait des sœurs qui habitaient la salle d’œuvre en haut des Tourelles.


Changeaient-ils souvent ?

Non, c’étaient des vieux curés le dernier est mort quand il était encore à Valenton.

Quelles fêtes étaient célébrées ?

Le 15 août, le 14 juillet, ils faisaient de belles fêtes et il y avait la messe de minuit. Aujourd’hui encore ils la célèbrent à Limeil mais à Valenton ils la font moins parce qu’il n’y a plus aujourd’hui de curé attitré. Maintenant c’est celui de Villeneuve qui vient à Valenton.

Que faisait le garde champêtre ?

M. Hay : Il se promenait avec sa canne. Il nous tirait les oreilles quand on faisait des bêtises. Moi ça m’est arrivé une fois j’ai cassé une ampoule d’un réverbère et le garde champêtre m’a vu, il est allé prévenir mon père, mon papa et devant le garde champêtre j’ai pris une bonne tisane. C’était le père Champalet et je n’ai pas recommencé deux fois. J’ai cassé une ampoule une fois mais pas deux fois. Et pourtant
Il n’était pas méchant ce garde champêtre.


Où habitait-il ?

À côté de l’église ? C’était une vieille maison avant la poste.


Comment le facteur se déplaçait ?

Soit à pied soit en vélo et le facteur à cette époque là il faisait aussi Pompadour. Il mettait la journée pour faire sa tournée.

Apportait-il le courrier tous les jours ?

Tous les jours. Qu’il pleuve, qu’il neige. Par tous les temps, il assurait son service. Il faisait déjà Valenton et après il partait sur Pompadour.


Comment on faisait arriver les lettres jusqu’au facteur ?

C’était un cheval qui apportait le courrier avec une charrette ; le courrier arrivait à la poste et après c’était distribué. après il a été amené par de petites camionnettes.


Qui était le maire dans votre enfance ?

Mme Lepage : le premier maire que j’ai connu c’était Lecas.
M. Hay : et moi c’était Vincent Bureau.
Monsieur Lecat habitait dans l’ancien château Perrissaguet, il n’était pas commode il fallait que cela marche droit. Après M. Bureau il y a eu Galisson qui habitait en haut des tourelles, pendant la guerre, M. Jourdain à la Libération et Mme Flagon. Après c’était Julien, Julien Duranton.

Où se situait la mairie ?

La mairie était au milieu de la côte sur le côté gauche.


Quels projets ont été réalisés ?

M. Hay : Ils ont refait les routes, modernes,
Mme Lepage : ils ont mis l’électricité, enlevé les pompes à eau car dans le temps on allait chercher l’eau au bout de la grande rue pour faire à manger, pour laver, pour tout. Il fallait prendre l’eau à la pompe. Plus tard notre propriétaire nous a fait mettre l’eau quand même on lui a dit qu’on ne paierait plus notre loyer si elle ne nous mettait pas l’eau. Avant l’électricité c’était des machins à gaz.


Y a-t-il eu beaucoup de destructions pendant la seconde guerre mondiale ?

Beaucoup de destructions et beaucoup de morts. 45 morts en comptant ceux de Pompadour, et beaucoup de blessés. Des maisons ont été détruites, en face de l’ancien boulanger tout a été reconstruit.
Mme Lepage : Où il y avait Penninck : ses parents qui sont restés là-dessous. Sa petite qui avait un an n’a pas été tuée, une chance car l’armoire est tombée sur son lit et elle n’a pas été touchée.
M. Hay : Ici mes parents habitaient dans le château comme gardien, les bombes tombaient ici dans le pré clos où il y a maintenant la station ESSO et où on allait chercher des pissenlits. Eh bien, les bombes tombaient là.


Y a-t-il des amis ou des membres de votre famille qui ont été tués ?

M. Hay : pas moi
Mme Lepage : A l’autre guerre, pendant la guerre de 14, j’ai eu deux frères qui ont été tués.

Et après la guerre il y a eu des changements ?

Cela a évolué beaucoup : les voitures, les avions ;
Mme Lepage  : avant personne n’avait de voitures, c’était rare. Même le père Foucher, il partait dans les champs avec sa petite carriole et son cheval pour aller voir ses ouvriers.


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