La distribution des prix (3 août 1919)

lundi 15 septembre 2014
par  Martine
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Dans un journal local, l’Égalité, organe socialiste hebdomadaire de Seine-et-Oise, Henri Moncharmont, membre du bureau de la Caisse des Écoles, raconte ce qui s’est passé à la fête des écoles.

"Je vais m’efforcer de commenter les faits qui se sont produits, le dimanche 3 août, à la distribution des prix, ou plutôt des livrets et diplômes, car sachez bons parents, qu’il n’y a pas d’argent pour en acheter, on le réserve pour autres choses de plus utile. Comment récompenser les enfants de nos écoles laïques et faire ainsi plaisir aux parents, c’est le moindre des soucis de nos édiles.

La première chose qui m’a choqué, et beaucoup d’autres comme moi, c’est celle-ci et c’est une question que je pose à Monsieur le Maire. Pourquoi le curé se trouvait-il à l’emplacement réservé au Conseil municipal et aux membres du bureau de la Caisse des Écoles ? Il me semble que sa place s’il voulait assister à cette belle cérémonie, était dans la salle parmi le public. Ah ! il est vrai que, dans la foule qui s’entassait là, il n’aurait pas eu assez d’air pour ses petits poumons qui sont, parait-il, très fragiles ; puis, enfin, il n’aurait pas eu de brioche. Sur cette question des brioches, je veux élever ma protestation car, si l’initiative est bonne, la distribution a été lamentable.

Lorsque les élèves ont eu chacun une brioche, comme il en restait encore un assez grand nombre, je me réjouissais, croyant que la distribution allait continuer aux nombreux petits enfants qui, sur les bras de leur maman, auraient été heureux de savourer un gâteau depuis longtemps inconnu des ouvriers. Mais, grande a été ma désillusion de voir certains conseillers, qui n’ont même plus de jeunes enfants, commencer à se bourrer les poches, puis passer le reste aux clairons et tambours (qui, quoique l’ayant mérité, s’en seraient bien passé).

Quant au discours prononcé par M. le Maire, je ne m’y arrêterai pas ; il nous a raconté ce que tous nos bons bourgeois nous racontent dans de semblables occasions. Cependant après avoir dépeint les boches comme des êtres infâmes et indignes de vivre, il nous recommande de suivre leurs mœurs ; il nous a aussi parlé de la patrie et expliqué ce que voulait dire ce mot ; mais à mon avis, je crois que, pour le déterminer le mieux, il aurait dû nous dire ceci : "Ma patrie, à moi, c’est mon coffre-fort, et c’est pour le défendre que 40 et quelques poilus sont tombés pour ne plus se relever".

Enfin, pour terminer mon petit exposé, je veux offrir toutes mes félicitations à Mesdames les Institutrices et à Monsieur l’Instituteur. Les chants très beaux exécutés par leurs élèves ont été appréciés par toute l’assistance. L’ordre et la bonne harmonie qu’ils ont su y faire régner ont complété cette belle fête.

Vive l’école laïque et pas de jésuites parmi nous !


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