La nuit du 9 au 10 avril 1944.

jeudi 28 août 2014
par  Martine
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En avril 1944 puis le 14 juillet, des bombardiers anglo-américains volant à très haute altitude larguaient des milliers de bombes sur la gare de triage de Villeneuve St Georges. Valenton est durement touché : 274 immeubles sur 518 totalement ou partiellement détruits, 66 blessés, 800 sinistrés et 41 morts dont 29 dans le quartier de Val Pompadour, parmi lesquels près de 10 jeunes qui ont moins de 20 ans.
Gisèle Duranton se souvient et raconte....

La nuit du 9 au 10 avril 1944.

Cette nuit-là, les habitants de Pompadour sont surpris par la sirène qui retentit et ils découvrent un ciel illuminé par des fusées éclairantes. Le bruit des avions rasant les voies ferrées fait un bruit assourdissant, créant la panique dans les foyers de Pompadour.

De nombreux habitants se dirigeaient alors vers les champs. Entre autres, ma famille. Nous avions très peur. Éclairés comme en plein jour, nous apercevions les avions au-dessus de nos têtes et les sifflements des bombes étaient effrayants car ils étaient suivis par des bruits d’explosion, les bombes faisant des cratères géants dans les champs et détruisant de nombreuses maisons.

Je n’oublierai jamais la peur panique que j’ai ressentie ce jour là ; elle me faisait courir entre les bombes qui tombaient. Ma mère essayait de me rattraper ; elle avait peur pour moi, j’étais jeune, j’avais 14 ans.

Ceux qui étaient restés dans leurs maisons, Simone Bourhis, Jeannine Monvoisin, Paulette Hémard, Fatima Ben EL Hocine, Françoise Las, Robert Candéago, mes camarades d’école n’avaient pas eu ma chance. Leur mort m’avait terriblement choquée.

Le témoignage de la famille Ben el Hocine est également éloquent : ils avaient entendu les avions avec le sifflement de ces bombes. Une explosion épouvantable, un chapelet de bombes venait de tomber sur leur maison qui s’était complètement effondrée sous terre.
Les premiers secours, ce sont les voisins qui les ont apportés ; ils ont d’abord essayé de dégager les premiers blessés. Avec des outils de fortune, pelles, pioches. Tout à coup, un de ces secouristes découvrit du sang sur sa pioche. C’était le sang de Madame Ben El Hocine ; celle-ci était sous une table recouverte de gravas. L’émotion fut grande. On se mit à la dégager, on crut qu’elle était morte : aussi elle fut évacuée dans l’école avec toutes les autres victimes parmi lesquelles se trouvaient Monsieur Ben el Hocine Ahmed, son mari, Mademoiselle Ben El Hocine Fatima qui avait 12 ans et Ben El- Hocine Tahar ses enfants

C’est seulement le lendemain matin que des sœurs, qui se recueillaient près des victimes, s’aperçurent que Madame Ben El Hocine était vivante. Elle fut transportée à l’hôpital où elle resta plusieurs mois.

En rendant hommage à toutes ces victimes, on ne peut oublier tous ceux qui souffrent dans le monde à cause de la guerre.

Une stèle a été érigée le 10 avril 2005 en mémoire des 32 civils tués, place Joliot-Curie.


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